Mourir par massacre ou par manque d’électricité ? Par Haidar Eid

Comme partout ailleurs dans le monde, l’électricité à Gaza donne accès à l’eau potable et aux soins médicaux.

Mourir par massacre ou par manque d’électricité ? Par Haidar Eid

21 juin 2017

C’est le seul choix qui nous reste à Gaza, et c’est de cela que nous discutons entre nous », écrit Haidar Eid, professeur agrégé au département de littérature anglaise, de l’Université al-Aqsa, à Gaza, et militant indépendant, partie prenante de la campagne BDS lancée par la société civile palestinienne.

« Comme partout ailleurs dans le monde, l’électricité à Gaza donne accès à l’eau potable et aux soins médicaux. Avec elle, nous pouvons mettre les aliments au réfrigérateur en été, avoir de la chaleur en hiver et être relié les uns aux autres et au monde extérieur. Cela peut sembler très anodin – l’électricité a été coupée à Gaza – mais c’est une condamnation à mort pour les près de 2 millions de Palestiniens qui vivent comme moi dans la bande sous blocus israélien.

En fait, couper l’électricité à Gaza est de facto une déclaration de guerre contre la population civile et une forme illégale de châtiment collectif.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien la situation, aujourd’hui, le débat entre les Gazaouis est de savoir si une attaque militaire directe – l’usage de bombes et d’armes à feu menées par Israël-apartheid, – est une meilleure façon de mourir que par un génocide progressif, l’intensification du blocus qui est imposé à notre minuscule bande depuis 10 ans.

Pensez-y : y a-t-il des citoyens, dans un autre pays du monde, qui débattent de leur meilleure façon de mourir ?

Les moyens et les fins de l’AP

Israël-apartheid maintient un blocus médiéval mortel sur Gaza depuis 2007, quand le Mouvement de résistance islamique Hamas a pris le contrôle de la petite Bande après avoir légitimement remporté les élections législatives de 2006.

Ce blocus a été imposé parce que presque toutes les grandes puissances de la région, dont l’Autorité palestinienne (AP) dirigée par le Fatah, ont rejeté le choix démocratique des Palestiniens.

Le siège a encore empiré récemment, lorsqu’en avril, Mahmoud Abbas, le président de l’AP, a demandé à Israël de couper la fourniture d’électricité à la Bande de Gaza pour exercer une pression sur le Hamas.

Cette demande fait suite, également en avril, à sa décision de réduire les salaires des fonctionnaires civils basés à Gaza de 30 pour cent. Il devrait être évident pour tout lecteur que les résidents de Gaza ne sont pas seulement des dirigeants du Hamas mais aussi des Palestiniens ordinaires. C’est le peuple qui endure ces coupes de salaires et d’électricité.

Après dix ans de blocus, la situation ici à Gaza est pire qu’elle ne l’a jamais été.

Des hôpitaux, dont Al-Shifa à Gaza-ville, ont cessé d’opérer, même dans les cas urgents.

En raison des coupures d’électricité, 90 pour cent de l’eau fournie est maintenant impropre à la consommation, ce qui accroit le risque de maladie propagée par l’eau polluée.

L’Autorité palestinienne a réduit ses versements mensuels pour l’électricité de 30 pour cent. Israël a donc autorisé la fourniture de seulement 40 Mégawatts de puissance à Gaza, sachant pertinemment qu’il faut 400 Mégawatts pour que Gaza couvre le minimum de ses besoins vitaux.

Des avertissements répétés

Ce n’est comme si le monde n’avait pas été prévenu – à maintes reprises.

A la mi-mai, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a mis en garde contre l’effondrement imminent de la bande de Gaza. Enseptembre 2015, les Nations Unies ont averti que Gaza pourrait être « inhabitable » d’ici à 2020. A l’époque, le rapport indiquait clairement que le PIB de Gaza avait chuté de 15 pour cent en 2014 et que le chômage avait atteint le niveau record de 44 pour cent, avec 72 pour cent des ménages souffrant d’insécurité alimentaire. Le rapport concluait que le recul de développement avait été accéléré par l’attaque israélienne sur Gaza de 2014.

Ce mois-ci, les Nations Unies ont reconnu que sans action immédiate, la crise de l’électricité entraînerait « l’effondrement des services vitaux, la santé, l’eau, l’assainissement et les services municipaux. » Mais étrangement, les Nations Unies ne semblent pas maîtriser le droit international puisque l’ONU finit par accuser les Palestiniens sous occupation pour cette crise, et non l’occupant israélien.

Richard Falk, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, a qualifié le siège sur Gaza de « violation flagrante et massive du droit humanitaire international » et de « crime contre l’humanité ». Ilan Pappe, historien israélien éxilé en angleterre,parle également de « génocide progressif ».

Ce qui est devenu routinier

Génocide, car des Gazaouis meurent tous les jours, mais ils meurent de maladie causées par le blocus. A cause de l’eau non potable ou de l’impossibilité d’une opération qui leur aurait sauvé la vie, de famine parce que les cultures ne se développent pas faute d’une irrigation suffisante, ou des bébés meurent parce qu’on ne peut pas les maintenir au chaud dans les premiers jours de leur vie.

Mais ces façons de mourir ne font pas la une de l’actualité.

Les morts gazaouis ne font pas la une des médias parce qu’elles sont devenues la routine quotidienne depuis dix ans. Seul Israël profite de ce silence, et seuls les Gazaouis paient le prix de ce silence.

Le monde extérieur doit comprendre qu’il n’y a pas grand-chose que nous, ici à Gaza, puissions faire contre ce blocus médiéval, à part appeler nos soutiens à intensifier leur appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël. La moindre victoire du mouvement BDS participe à la survie de Gaza.

La communauté internationale a été totalement incapable d’assumer ses responsabilités. POINT. Les belles paroles et la rhétorique vide ne maintiennent pas en vie un enfant palestinien qui pleure pour avoir du lait. Elles ne fournissent pas non plus un traitement à un malade en phase terminale.

Nous n’avons qu’une lueur d’espoir, la même que celle que les Sud-Africains ont vue avant nous : une campagne soutenue de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël-apartheid, jusqu’à ce qu’il respecte le droit international. »

Haidar Eid

Source : Middle East Eye

Traduction : MR pour ISM (International Solidarity Movement)

CAPJPO-EuroPalestine

INFORMATION PRISE ICI
www.europalestine.com/spip.php?article13121

Publié dans Côté international, PAJU, Politique, Soutien | Laisser un commentaire

Politique sur la réussite éducative: « Il faudra plus que des belles intentions pour faire oublier le saccage libéral » – Gabriel Nadeau-Dubois

Je partage à titre d’information

Politique sur la réussite éducative: « Il faudra plus que des belles intentions pour faire oublier le saccage libéral » – Gabriel Nadeau-Dubois

21 juin 2017

C’est avec un peu de scepticisme que le député du Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, a reçu la politique sur la réussite éducative du gouvernement libéral. Si plusieurs des intentions affichées semblent nobles, des zones d’ombre inquiétantes demeurent dans cette politique.

« Les promesses de jours meilleurs à venir en éducation tomberont à plat si les ressources humaines et matérielles nécessaires ne sont pas réinvesties. Une chose est certaine, il faudra plus que des belles intentions pour faire oublier le saccage libéral des 15 dernières années et rattraper le temps perdu auprès d’une génération d’élèves », explique M. Nadeau-Dubois.

Québec solidaire rappelle que le surplus annuel de 4 milliards $ affiché par le gouvernement libéral n’est pas apparu par miracle. Il s’est fait au détriment des services à la population et en particulier au détriment des élèves qui ont été privés des services auxquels ils avaient droit.

« La vérité c’est que le bilan du gouvernement Couillard est exécrable.  Si les écoles publiques tombent en ruine, les élèves en difficulté augmentent, le taux de réussite stagne lorsqu’il n’est pas carrément manipulé pour dissimuler les échecs, ou encore que la fréquentation de l’école privée explose, il n’y a qu’un seul responsable et c’est le gouvernement libéral. Il ne faut pas oublier que le butin de guerre accumulé par M. Couillard qui lui permettra de faire de belles promesses électorales s’est fait sur le dos d’une génération sacrifiée d’élèves qui n’ont pas reçu de l’État l’appui adéquat pour développer leur plein potentiel », poursuit M. Nadeau-Dubois.

Le député de Gouin appuie toutefois les quelques principes intéressants qui se retrouvent dans la politique gouvernementale mais qui devront maintenant trouver une expression concrète au-delà des vagues intentions: le soutien à l’engagement parental, l’amélioration du parc immobilier, le renforcement de l’égalité entre les filles et les garçons, le développement durable, la subsidiarité ou le respect de la démocratie scolaire et des diverses réalités régionales.

«Le ministre Proulx nous présente une politique bien intentionnée mais qui reste dans le paradigme utilitariste des gouvernements néolibéraux. Il semble vouloir accélérer l’arrimage des formations avec les besoins du marché du travail alors qu’il faudrait plutôt axer sur le développement humain des enfants. Je me questionne notamment sur le chantier qu’il souhaite lancer avec le milieu des affaires. J’espère que cela ne se concrétisera pas par la « sponsorisation » des écoles comme dans les universités. Nos élèves ne sont pas simplement des futures marchandises sur le marché du travail », affirme M. Nadeau-Dubois.

Le porte-parole solidaire souligne aussi que si le gouvernement Couillard était sérieux lorsqu’il dit vouloir mettre en œuvre une politique de réussite éducative cohérente de la petite enfance à l’âge adulte, il n’aurait pas sabré autant le financement des centres de la petite enfance.  Québec solidaire invite d’ailleurs le ministre Proulx à renouer avec le principe d’universalité des tarifs de garde.

INFORMATION PRISE ICI
quebecsolidaire.net/politique-reussite-educative-faudra-plus-que-belles-intentions-pour-oublier-saccage-liberal

Publié dans Les Libéraux ou l Art de la Magouille, Québec solidaire | Laisser un commentaire

Les malades de Gaza en danger de mort !

Ils ont besoin de notre soutiens

Les malades de Gaza en danger de mort !

19 juin 2017

Attention, crise médicale sans précédent à Gaza, après la nouvelle réduction d’approvisionnement en électricité et la pénurie de médicaments, alerte l’association israélienne Médecins pour les Droits de l’Homme (PHR), en signalant que les malades gazaouis atteints de mucoviscidose, de cancer, et les nouveaux-nés sont les premières victimes de cette décision.

Le fait que l’Autorité Palestinienne (AP) ait régulièrement réduit son budget alloué à la santé et aux médicaments pour la bande de Gaza, passant de 4 millions d’euros par mois, pour n’atteindre que 500.000 euros en mai dernier, affecte les opérations courantes de 13 hôpitaux publics et 54 dispensaires dans la bande de Gaza, souligne cette ONG.

Un tiers des médicaments essentiels et plus de 270 équipements médicaux pour les salles d’opération et les services de soins intensifs sont désormais introuvables dans les hôpitaux de Gaza.

Du coup, 320 patients atteints de mucoviscidose sont en danger de mort, de même que 240 bébés avec des déficits de développement, qui ne reçoivent plus de lait thérapeutique, et 90 % des malades cancéreux qui ne reçoivent plus le traitement adéquat, précise le rapport établi par PHR.

“Les personnes atteintes de mucoviscidose ont besoin de 40,000 comprimés de Cryon pills, et il n’y en a plus aucun », a indiqué Ashraf al-Shanti, président de l’association des malades de la mucoviscidose à Gaza.

Le père de 2 enfants, de 14 et 9 ans, tous deux atteints de cette maladie, a déclaré à PHR :

« Ma fille ne peut plus sortir de son lit et je ne pense pas qu’elle puisse survivre plus d’un an dans de telles conditions. Et mon fils Akram, qui ne bénéficie plus de ses inhalations et qui tousse constamment risque de mourir suffoqué ».

Le ministère de la santé de Gaza’s qui avait déjà du mal à fournir le diesel qui fait marcher 87 générateurs qui fournissent l’électricité aux hôpitaux pendant les heures de blackout, ne sait plus comment faire.

« Les appareils de radiologie, sérieusement endommagés par les coupures d’électricité auxquels ils sont très sensibles, seront bientôt hors d’usage », a souligné pour sa part Ibrahim Abbas, chef du département radiologie des hôpitaux publics de Gaza.

“Les enfants de Gaza sont devenus les otages des conflits entre L’AP, le Hamas et Israel. Il est urgent d’approvisionner Gaza en argent, médicaments, et électricité, et d’ouvrir la bande de Gaza au monde extérieur, pour lui apporter l’assistance dont elle privée », a confirmé Robert Piper, le coordinateur de l’ONU pour les affaires humanitaires dans les territoires palestiniens occupés.

Les associations de défense des droits de l’Homme comme PHR et B’Tselem contestent le fait qu’il s’agirait uniquement d’un conflit interne entre l’AP et le Hamas, et soulignent qu’ »Israel est le principal responsable de cette situation crée par un blocus inhumain qui perdure depuis 10 ans, et qui n’a aucun équivalent dans le monde moderne »

« Nous ne sommes pas confronté à Gaza à une catastrophe naturelle. C’est le résultat de la politique israélienne qui a institué ce siège barbare », a déclaré B’Tselem.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Maan News Agency

CAPJPO-EuroPalestine

INFORMATION PRISE ICI
www.europalestine.com/spip.php?article13103

Publié dans Côté international, PAJU, Politique, Soutien | Laisser un commentaire

 » Gaza : en route vers un nouveau massacre, pire que les précédents », par Gideon Levy

Israël = l’art de la barbarie

  » Gaza : en route vers un nouveau massacre, pire que les précédents », par Gideon Levy

20 juin 2017

« Les habitants de Gaza sont les sujets d’une expérience conjointement menée par l’AP et Israël : peuvent-ils survivre avec une heure d’électricité par jour ? Est-ce que 10 minutes ne suffiraient pas ? », interroge le journaliste israélien Gidéon Levy qui redoute de nouveaux bombardements sur la bande de Gaza. Même même sans nouveau massacre, le génocide à petit feu peut-il nous laisser indifférent ?

« Une heure supplémentaire chaque jour sans électricité à Gaza, et ce sera le signal : des roquettes Qassam. Israël, une fois encore sera la victime, et le massacre commencera.

Israël et Gaza ne sont pas face à une nouvelle guerre, ils ne prennent pas la direction d’une autre “opération” ou d’un “round” de plus. Cette terminologie trompeuse est destinée à induire en erreur et à faire taire les derniers scrupules de conscience.

Ce qui est en cause actuellement, c’est le risque d’un nouveau massacre dans la Bande de Gaza. Contrôlé, mesuré, pas trop massif, mais malgré tout c’est bien d’un massacre qu’il s’agit. Quand des officiers, des politiciens et des commentateurs israéliens parlent du “prochain round”, ils parlent du prochain massacre.

Il n’y aura pas de guerre à Gaza, parce qu’il n’y a personne à Gaza pour combattre contre l’une des armées équipées des armements les plus puissants au monde, et cela même si le commentateur des questions militaires à la télévision, Alon Ben David, affirme que le Hamas est capable d’aligner quatre divisions.

Les habitants de Gaza sont les sujets d’une expérience conjointement menée par l’AP et Israël : peuvent-ils survivre avec une heure d’électricité par jour ? Est-ce que 10 minutes ne suffiraient pas ? (Photo : Mohammed Asad)

Il n’y aura pas davantage la moindre bravoure (israélienne) à Gaza, car il n’y a aucune bravoure à attaquer une population sans défense. Et,bien entendu, il n’y aura ni moralité ni justice à Gaza, car il n’y a ni moralité ni justice dans le fait de se lancer à l’assaut d’une cage scellée pleine de prisonnier qui n’ont même aucun endroit vers où fuir, s’ils en avaient la possibilité.

Donc, appelons un chat un chat : c’est bien d’un massacre qu’il s’agit. Et c’est de cela qu’ils parlent actuellement en Israël. Qui est pour un massacre, et qui est contre ? Serait-il “bon pour Israël” ? Contribuera-t-il à sa sécurité et à ses intérêts, ou pas ? Provoquera-t-il la perte du pouvoir par le Hamas, ou non ? Sera-t-il favorable aux intérêts électoraux du Likoud ou pas ? Israël a-t-il le choix ? Bien entendu que non !

Toute attaque contre Gaza se soldera par un massacre. Rien ne peut le justifier, parce qu’un massacre est injustifiable. Nous devons donc nous demander : sommes-nous pour un nouveau massacre à Gaza ou non ?

Les pilotes sont déjà à l’échauffement sur les routes, tout comme les artilleurs et les femmes soldats qui manipulent des joysticks [pour piloter à distance les drones de l’armée – NDLR]. Une heure supplémentaire chaque jour sans électricité à Gaza, et ce sera le signal : des roquettes Qassam. Israël, cette fois encore sera la victime, et des millions d’Israéliens se réfugieront dans des abris une fois de plus. “Nous sommes sortis de Gaza et regardez comment ils nous récompensent. Oh le Hamas, ces assoiffés de guerre, les plus cruels d’entre eux tous…”.

Mais quel autre moyen reste-t-il à Gaza pour rappeler au monde son existence et sa détresse inhumaine, hormis les roquettes Qassam ? Ça fait trois ans qu’ils étaient tranquilles, et voilà qu’ils sont les sujets d’une recherche menée conjointement par Israël et l’Autorité Palestinienne [de Ramallah] : une grande expérience menée sur des cobayes humains. Est-ce qu’une heure d’électricité par jour suffit pour une existence humaine ? Peut-être que dix minutes seraient suffisantes ? Et qu’arrive-t-il à des humains sans électricité du tout ? L’expérience est en cours, les scientifiques retiennent leur souffle. Quand la première roquette tombera-t-elle ? Quand le massacre commencera-t-il ?

Suha Ashour, 68 ans, se rend trois fois par semaine depuis 10 ans à l’hôpital al-Shifa de la ville de Gaza pour y subir une séance de dialyse. Ces séances durent quatre heures et sont épuisantes, surtout en été, explique cette mère de six enfants. “Après les séances, quand je rentre chez moi, je suffoque. Mon fils m’a apporté un appareil de conditionnement d’air, mais la plupart du temps il n’y a pas d’électricité”. L’équipe de l’hôpital a averti Suha Ashour et les autres patients que leur traitement pourrait être interrompu, faute d’électricité pour alimenter les appareils médicaux. – Une remarquable série de photos illustrant la vie quotidienne dans la Bande de Gaza est disponible sur le site Electronic Intifada

Il sera plus affreux que les deux précédents, parce que l’histoire nous apprend que chaque “opération” israélienne à Gaza est pire que la précédente. L’opération “Plomb durci” (fin 2008-début 2009) a causé 1.300 morts palestiniens, dont 430 enfants et 111 femmes, alors que l’opération “Bordure protectrice” (durant l’été 2014) s’est soldée par 2.200 morts, dont 366 enfants (180 d’entre eux étaient des nourrissons ou des tout petits) et 247 femmes.

Bravo pour l’augmentation du nombre de victimes. Notre force grandit d’une “opération” à la suivante. Avigdor Lieberman a promis que cette fois ce sera une victoire décisive. En d’autres termes, le massacre sera cette fois plus horrifiant que tous les précédents, si du moins il est possible de prendre au sérieux quoi que ce soit qui sorte de la bouche de ce Ministre de la Défense.

Il ne sert à rien de s’étendre longuement sur les souffrances des habitants de Gaza : tout le monde s’en fiche, en tout état de cause. Pour les Israéliens, Gaza était et reste un nid de terroristes. Il n’y à là-bas personne qui leur ressemble.

L’occupation est finie, ha ha ha. Tous les résidents de Gaza sont des meurtriers. Ils construisent des “tunnels terroristes” au lieu d’inaugurer des usines high-tech. Enfin, comment expliquez-vous que le Hamas n’ait pas développé Gaza ? Comment osent-ils ? Comment se fait-il qu’ils n’ont pas construit une industrie en état de siège, une agriculture en prison et de la haute technologie dans une cage ?

Ce sont là les mensonges que nous racontons à propos de Gaza. Et encore un autre mensonge que nous racontons : nous allons renverser le pouvoir du Hamas. Or, tout à la fois c’est impossible et Israël ne le souhaite pas.

Le nombre des morts clignote, comme d’habitude, sur nos écrans ; sans plus avoir de signification pour quiconque. Des centaines d’enfants massacrés, qui peut imaginer une chose pareille ? Le siège n’est pas un siège, et même l’idée d’une seule heure de coupure de l’alimentation en électricité à Tel Aviv dans la chaleur étouffante de l’été ne provoque pas le moindre soupçon d’empathie envers ceux qui vivent sans électricité du tout, à une heure de Tel Aviv.

Gideon Levy

Cet article a été publié le 15 juin 2017 sur Haaretz sous le titre “Who’s in Favor of Massacre ?”

Traduction : Luc Delval

INFORMATION PRISE ICI
www.europalestine.com/spip.php?article13120

Publié dans Côté international, PAJU, Politique, Soutien | Laisser un commentaire

Comment ils risquent leur vie en pêchant au large de Gaza

Parlons des pêcheurs palestiniens

Zakaria Baker et Fadi Baker. (Photo : Ouest-France)

Comment ils risquent leur vie en pêchant au large de Gaza

18 juin 2017

Un article de Ouest France, qui montre que 10 ans de blocus n’ont pas seulement ruiné les pêcheurs de la bande de Gaza, mais qu’ils sont régulièrement pris pour cibles par les vedettes de la marine israélienne, même à l’intérieur de la zone protégée. Fadi Baker raconte comment, en avril, son petit bateau a été arraisonné et son jeune frère tué.

Par Marc MAHUZIER, envoyé spécial dans la bande de Gaza ; publié le 13 juin 2017.

Avec ses coques de bateaux qui pourrissent au soleil, le port de Gaza offre un triste spectacle. Depuis qu’Israël a ordonné le blocus de la bande en réponse à la prise de pouvoir par le Hamas, le 15 juin 2007, les pêcheurs n’ont plus accès qu’à une toute petite zone côtière, large de 6 milles marins au nord (environ 11 km) et de 9 milles au sud, près de l’Égypte. « Mais le poisson est beaucoup plus loin en mer, sur les fonds rocheux. Nous n’attrapons plus rien », se désole Zakaria Baker, numéro 2 de l’organisation locale de producteurs.

« Deux vedettes venant du nord »

Avec 3 750 pêcheurs auxquels s’ajoutent environ 5 000 emplois induits, la capture de poisson est une activité essentielle à l’économie du Territoire. « Aujourd’hui, la plupart des familles sont au-dessous du seuil de pauvreté », assure Zakaria. Les débarquements ont fondu comme glace au soleil : 1 500 tonnes annuelles seulement, trois fois moins qu’il y a dix ans. Et peu d’espèces nobles comme la daurade, qui rapportait bien.

Bateau de pêche à l’abandon. (Photo : Ouest-France)

Privés d’accès à la ressource, les professionnels subissent surtout la brutalité et les attaques de la marine de guerre israélienne qui patrouille nuit et jour dans la zone.

Lundi 15 avril, Fadi se trouvait avec deux frères et un cousin dans le nord de l’étroit couloir maritime. C’était le jour de la « Nakba » (la catastrophe) qui commémore chaque année l’exode du peuple palestinien en 1948 pendant la guerre israélo-arabe. « On pêchait la sardine avec des lignes, à deux milles (3,8 km) de la limite, très à l’intérieur de la zone permise, assure le pêcheur, âgé de 32 ans. Soudain, on a vu deux vedettes venant du nord et qui nous fonçaient dessus à toute vitesse. On a essayé de s’enfuir, mais en quelques secondes elles étaient sur nous. »

Selon son récit, les militaires israéliens à bord des vedettes ont commencé à encercler leurs petits bateaux avec des tirs à l’arme automatique. « Ils étaient huit, tous le visage masqué, avec des fusils du genre M-16 américain. » Les tirs se seraient faits plus précis, touchant mortellement son frère Mahamad Majid, 25 ans, et détruisant le moteur.

Déjà deux morts cette année

« Ils sont ensuite montés à bord et ils ont emporté le corps sans rien nous dire. Mon père a dû attendre plusieurs jours pour le récupérer à la frontière. Il avait été autopsié. »

De gauche à droite : Zakaria Baker, Fadi Baker et Madleen Kulab. (Photo : Ouest-France)

Selon Fadi Baker, les problèmes avec la marine israélienne sont fréquents. En 2016, ces attaques n’ont fait que des blessés. Mais cette année, Mahamad Majid serait le deuxième tué. « Ils détruisent aussi les filets que nous posons. Depuis le début du blocus, 45 bateaux ont été confisqués, 15 ont subi des dégâts, il y a eu une trentaine de blessés et 135 arrestations, avec encore neuf personnes en prison. Ils considèrent que la mer leur appartient. Ils veulent nous en chasser », commente Zakaria.

Madleen Kulab, 23 ans, est la seule femme pêcheur de Gaza. Petite fille, elle embarquait sur le bateau de son père. Quand il est tombé malade, elle l’a remplacé. Elle avait 14 ans. « À bord, je fais le même travail que les hommes », dit-elle. Elle aussi s’est fait tirer dessus. Une fois, elle a été blessée à la main. Regard farouche, Madleen assure : « C’est dangereux, mais je n’ai pas peur. »

Source : www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/1948/reader/reader.html#!preferred/1/package/1948/pub/2292/page/4

CAPJPO-EuroPalestine

INFORMATION PRISE ICI
www.europalestine.com/spip.php?article13108

Publié dans PAJU, Soutien | Laisser un commentaire

Monique peut maintenant reposer en paix.

Vu que certains m’avaient demandé ce que je pensait faire avec les cendres de ma défunte conjointe Monique, voici la réponse :

AGRANDIR

Pour elle ce lieux est un sanctuaire.

Monique peut maintenant reposer en paix.

Par Sergio de Rosemont

Voilà dans la semaine du 12 juin 2017 j’ai respecté l’une des volonté de ma défunte conjointe Monique.

Je me suis rendu avec une personne dont je ne dévoilerais pas l’identité dans un boisé ( petite forêt ) en dehors de Montréal pour y répandre les cendres de Monique.

Pour elle cet endroit est un sanctuaire avec évidemment beaucoup de plantes ( c’est une petite forêt ) et aussi des animaux, elle adore les animaux.

Oui maintenant son esprit, son âme peut reposer en paix.

Depuis que ses cendres ont été répandues à cet endroit la douleur dans mon âme est moins forte même si elle toujours présente et que des fois ce « Regard sans regard » me revient.

Hélas une telle douleur ne peut disparaître spontanément en claquant des doigts, seul le temps pourra peut-être un jour refermer cette blessure dans l’âme et l’apaiser.

En terminant il est totalement inutile de me demander l’endroit précis où les cendres de Monique ont été répandues, j’ai donné ma parole d’honneur que jamais je ne dévoilerais l’endroit.

Oui, effectivement je me suis fait prendre en photo proche de l’endroit où les cendres on été répandues mais vous serez d’accord avec moi qu’une photo prise en forêt ressemble à n’importe quelle forêt.

Cette photo c’était comme pour vous permettre d’être avec moi lors de cet événement.

Oui Monique ma Lapine à 2 pattes repose en paix dans ce sanctuaire et merci pour ces 34 printemps passé à mes côtés.

«»———-«»

P.S: Pourquoi j’écris sur ma douleur et que je la partage avec vous ?

Peut-être est-ce pour moi comme une auto-thérapie me permettant de me rendre la douleur un peu plus supportable.

«»———-«»

P.S: Vu que pour l’instant je met mes photos sur Facebook et vu que Facebook aime bien à l’occasion changer l’adresse URL des photos, en cas où que d’un tel changement surviendrait à ma photo voici l’adresse de mon article en version Facebook :
www.facebook.com/sergio.derosemont/media_set?set=a.1971812372844542

Publié dans Sur ma conjointe décédée | Laisser un commentaire

Québec solidaire dépose un projet de loi pour interdire la fracturation hydraulique

Je partage à titre d’information

Québec solidaire dépose un projet de loi pour interdire la fracturation hydraulique

13 juin 2017

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques et porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a déposé mardi un projet de loi visant à interdire la fracturation hydraulique et la stimulation chimique des puits sur tout le territoire du Québec.

« La fracturation hydraulique représente un grand danger pour l’environnement, pour les terres agricoles et pour les populations qui habitent près des zones de forage. Les conséquences peuvent être fatales : contamination de l’eau potable, introduction de produits chimiques cancérigènes dans l’environnement, émanations de méthane et induction de l’activité séismique. Il y a longtemps que le gouvernement aurait dû interdire complètement cette technique dangereuse, à l’instar de la France, du Vermont et de New York », a déclaré la députée.

La fracturation est une technique couramment utilisée dans l’exploitation du gaz de schiste qui consiste à injecter un mélange d’eau et de produits chimiques à haute pression dans des puits pour fissurer la roche afin de libérer le gaz ou le pétrole.

La députée a rappelé que la France a interdit la fracturation hydraulique partout sur son territoire en 2011 en invoquant le principe de précaution compte tenu du niveau de risque associé à la pratique, et ce, malgré les contestations juridiques de l’industrie. Au Québec, la majorité des gisements de gaz, dont la fracturation hydraulique est nécessaire à l’exploitation, sont situés dans la Vallée du Saint-Laurent, ce qui accentue les risques possibles de contamination.

« En adoptant la Loi sur les hydrocarbures l’année dernière, le gouvernement a ouvert la porte à l’industrie pétrolière et gazière, malgré l’opposition généralisée des groupes et des deux tiers de la population. Le gouvernement s’est montré complaisant et a créé un déséquilibre sans précédent qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour le Québec. Mon projet de loi corrigerait le tir pour prioriser la santé de notre population et notre eau potable, plutôt que les intérêts des compagnies pétrolières et gazières », a conclu Mme Massé.

INFORMATION PRISE ICI
quebecsolidaire.net/nouvelle/qs-depose-projet-de-loi-pour-interdire-fracturation-hydr

Publié dans Québec solidaire | Laisser un commentaire