Ces rêves qui tombent comme des pierres.

Ma pensée, mon poème que je partage avec vous

Ces rêves qui tombent comme des pierres.

Par Sergio de Rosemont

Ces rêves qui tombent comme des pierres.

Il faut rêver pour savoir ce que nous ferons demain !

Mais les rêves justement, ils sont précieux.

Il faut savoir les protéger si nous ne voulons pas qu’ils tombent comme des pierres dans ce Lac des Espoirs Oubliés.

Les protéger contre cette Non Confiance.

Les protéger contre ces pessimistes qui aiment bien nous ramoner que les rêves ne sont que des rêves.

Les protéger contre ceux qui aiment bien nous rabaisser en nous disant :

{ C’est ca continu de rêver ! }

Les protéger contre les défaitistes qui aiment bien ce gargariser avec leur éternel :

{ C’est impossible ! }

Surtout n’oublions pas que lorsqu’ils vous disent que c’est impossible, ce qu’ils ne vous disent pas c’est que c’est impossible dans leurs limites à eux !

Ce qui est impossible à eux, peut être parfois être possible pour vous !

Oui protégeons nos rêves pour que tel des chenilles qu’ils se transforment en papillons, que nos rêves se transforment en projets au lieux de tomber dans ce Lac des Espoirs Oubliés !

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Le recyclage victime du capitalisme

Parlons recyclage avec Francis Lagacé

Le recyclage victime du capitalisme

27 janvier 2020

Je ne sais pas, mais il me semble que quand nous pensions recyclage, nous les pauvres citoyen•ne•s lambda si bêtes, nous croyions qu’il s’agissait de prendre des objets déjà utilisés, d’en extraire la matière ré-utilisable et de s’en servir pour refaire en partie le même objet, c’est-à-dire faire contribuer le verre à produire d’autres objets en verre, le papier pour faire d’autres objets en papier, le métal pour faire d’autres objets en métal. Et, si on recycle, ça veut dire qu’on fait le cycle complet, non ?

Mais que faisons-nous au juste ? Nous mettons des objets dans des bacs, de gros camions les apportent dans des centres de tri où l’on met le résultat de ce tri dans des conteneurs qu’on envoie par camion ou par train vers des bateaux qui leur font faire le tour du monde pour être enfouis ou brûlés ou recyclés, qu’en savons-nous ? Alors, faisons-nous du recyclage ? Ça ressemble plutôt à du tri de déchets suivi de vente de déchets.

Je pose des questions. Je ne connais pas nécessairement les réponses, mais si nous nous mettons à plusieurs à réfléchir, peut-être trouverons-nous le moyen de faire vraiment du recyclage, c’est-à-dire à réaliser le cycle complet dans notre pays ?

Soumettre les déchets aux aléas du marché, est-ce bien écologique ? Leur faire faire le tour du monde en camions, trains, puis bateaux, est-ce bien écologique ?

Les solutions seront coûteuses, trop coûteuses ? La transition écologique n’implique-t-elle pas justement d’accepter certains coûts économiques pour éviter des catastrophes sanitaires ou écologiques ? En tout cas, la chose la plus coûteuse de toute, c’est bien le capitalisme.

Francis Lagacé

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Ce sourire

Parlons de sourire

AGRANDIR

Ce sourire

Par Sergio de Rosemont

Savez-vous pourquoi qu’on personnifie le visage d’un clown avec un large sourire ?

Car parfois, souvent le sourire reste le meilleur des masques.

Le plus efficace.

Vous avez le caffard ?

Vous êtes malade ?

Pas grave, un sourire et rien ne parait !

Vous venez de perdre votre travail ?

Vous risquez de perdre votre logement ?

Pas grave, un sourire et rien ne parait !

Vous venez de perdre un être cher ?

Vous venez d’affronter le « Regard de la Mort »?

La « Mort » vient de vous voler votre être cher ?

Le sourire reste le meilleur des masques pour cacher la tempête qui rage en vous.

Parfois alors que vous sentez que le positif revient vers vous et lorsque la douleur d’un coup du destin ou d’un coup de dague dans le dos venant de quelqu’un que vous pensiez être votre amiE fait en sorte que des larmes d’acide coulent comme une fontaine dans vos entrailles.

Le sourire reste le meilleur des masques pour cacher la tempête qui rage en vous.

Lorsque vous faite une gaffe en voulant faire plaisir à un / une amiE en lui donnant un recueil de poésie mais que vous n’aviez pas pris le temps de le lire au complet avant et que l’amiE vous en veulent à cause d’une partie de ce recueil que vous n’aviez pas pris le temps de lire et vous avez pillé sur votre orgueil pour vous excuser et que l’amiE ne veut pas vous reconnaître le droit à l’erreur.

Pas grave, un sourire et rien ne parait !

Lorsqu’on vous accole des pensées qui ne sont pas vôtre, que vous n’aviez pas eu.

Pas grave, un sourire et rien ne parait !

Non ne vous fiez pas aux apparences, oui quelqu’un donc tout va bien, va sourire.

Mais parfois quelqu’un vivant un enfer personnel, peut aussi afficher un large sourire question de tout masquer !

Parfois, souvent lorsque les cicatrices dans l’âme s’ouvrent suite à un coup et en sont très douloureuse, alors on sourit et rien ne paraît.

Oui un sourire peut représenter la bonne humeur, le bonheur de celui qui l’arbore.

Mais n’oubliez pas que parfois,…le sourire est le masque que portent les « Âmes ravagées »!

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Son nom est personne

Laissons la parole à Francis

Son nom est personne

19 janvier 2020

Ça fait déjà plus de 22 ans que je m’étais juré de lire Le livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa. Un mien collègue en avait fait le sujet d’une communication à l’occasion d’un colloque sur l’usage du nom en littérature. De mon côté, je proposais une réflexion sur le faux qui permettait de dire le vrai.

Pessoa était une matière rêvée pour la présentation du camarade chercheur. En effet, il avait multiplié les faux noms d’auteur pour un grand nombre de ses œuvres. Ces auteurs, il les appelait ses hétéronymes. Ainsi, l’auteur du Livre de l’intranquillité était Bernardo Soares. À chacun de ses hétéronymes, il inventait une description et une vie. Ce qui est remarquable, c’est que ce livre-là n’était pas composé dans un ensemble parfait, mais plutôt constitué de plusieurs fragments qu’il conservait dans une malle avec quantité d’autres manuscrits de quantité d’autres de ses auteurs inventés.

Mon collègue lui-même, que j’avais trouvé fort sympathique, s’était bricolé un nom d’emprunt pour les besoins de la cause et ne nous avait révélé sa véritable identité qu’à la fin du colloque. C’était assez habile de sa part. Le plus drôle, c’est que je ne me souviens plus de son vrai nom, seulement de son faux prénom, Francis. Rien d’autre, sinon bien sûr son visage rond et souriant.

Toujours est-il que c’est maintenant, deux décennies plus tard, que je lis cet étrange livre fait de réflexions, de brèves séquences, de scènes anodines et banales, qui prennent la dimension poétique envahissante que seules les trivialités peuvent arborer quand elles sont soigneusement éviscérées. Et je me vois à sa place, je deviens Bernardo Soares dans son petit bureau alignant ses chiffres sur les lignes et dans les colonnes bien rangées de son Grand Livre de comptabilité.

Je me pose à la fenêtre, et je ressens comme lui l’air ou l’humidité. Je regarde la basse-ville de Lisbonne non pas à côté de lui, ni derrière lui, mais par ses yeux, par son souffle même. Si je voyage si aisément dans ses rêveries autant que dans sa pénétration du réel quotidien et terne, dont il fait sa délectation, je n’arrive pas à partager son indifférence envers l’engagement collectif, car Soares est tout entier prisonnier de son entité psychique. S’il sait que le monde extérieur existe indépendamment de lui et qu’il disparaîtra sans le bouleverser, il ressent aussi profondément que son expérience est enclose dans sa perception, qu’elle se terminera avec elle.

Cela fait de la pratique soarienne une exploration toute personnelle, sinon personnaliste. Il faut dire que le patronyme du Fernando, Pessoa, signifie « personne », non pas au sens de « aucune personne », mais bien dans celui de « quelqu’un », ce qui fait de lui une véritable singularité. On pourrait dire de ce livre, tout tourné sur les paradoxes de l’existence (tout comme sa poésie), qui navigue entre l’être et le néant, les essaie et les combine, qu’il est une sorte de plante zen orientale qui a crû isolément dans un terreau occidental.

Francis Lagacé

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Le Québec champion des inégalités économiques – La CAQ creuse le fossé entre les gens ordinaires et les ultrariches

Laissons Alexandre Leduc nous parler de François Legault

Le Québec champion des inégalités économiques – La CAQ creuse le fossé entre les gens ordinaires et les ultrariches

8 janvier 2020

Le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, accuse François Legault de « faire pire que Trump » alors que la disparité entre la rémunération moyenne des travailleurs et des travailleuses et celle des PDG les mieux nantis au Québec dépasse à la fois le Canada et les États-Unis.

« François Legault voulait rattraper le reste de l’Amérique du Nord, aujourd’hui, il dépasse nos voisins – mais il n’y a pas de quoi être fier. En ce début d’année 2020, le Québec est couronné champion des disparités salariales. C’est une très bonne nouvelle pour les amis PDG du premier ministre, qui font 300 fois le salaire moyen des gens ordinaires. C’est une très mauvaise nouvelle pour les centaines de milliers de Québécoises et de Québécois au salaire minimum, qui doivent se contenter des augmentations de Séraphin de la CAQ » affirme M. Leduc. « Cette année, la CAQ devra s’attaquer au vilain petit secret de l’économie québécoise ou affronter la colère des millions de personnes qui n’ont pas le privilège de s’appeler Alain Bellemare, Éric Martel ou Éric La Flèche. »

Québec solidaire réclame un rattrapage immédiat du salaire minimum et l’instauration d’un salaire maximum liant la rémunération des hauts dirigeants d’entreprises subventionnées par l’État à ceux de leurs employés.

« Une économie saine est une économie qui profite à tout le monde. Il est plus que temps de serrer la vis aux dirigeants des grandes entreprises, particulièrement ceux qui vivent au crochet de l’État. En liant leur rémunération aux salaires de leurs employés, comme le propose Québec solidaire, le gouvernement enverrait un message on ne peut plus clair: les gens qui travaillent dur contribuent eux aussi aux bons résultats de l’économie du Québec. »

INFORMATION PRISE ICI
quebecsolidaire.net /le-quebec-champion-des-inegalites-economiques-la-caq-creuse-le-fosse

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Parlons de Rezeq Faraj

Voir les photos suite à l’article.

Je laisse la parole à mon ami Bruce Katz

Parlons de Rezeq Faraj

Par Sergio de Rosemont

Samedi le 7 décembre 2019 j’avais été invité à un événement hommage à Rezeq Faraj qui était l’un des co-fondateur de « Palestiniens et Juifs Unis » avec Bruce Katz.

L’événement se tenait au CIRFA ( CENTRE INTERNATIONALISTE RYERSON FONDATION AUBIN ) situé au 1710 Rue Beaudry, #210 à Montréal, proche du Métro Beaudry.

J’étais sensé sortir un article sur cette rencontre à laquelle j’avais participé mais hélas vu que mon Ubuntu a écrasé j’ai alors perdu le matériel pour cet article.

Alors je me suis entendu avec mon ami Bruce Katz qui a très bien connu Rezeq Faraj afin qu’il m’écrive un texte sur Rezeq Faraj et qu’il me fasse parvenir des photos.

VOICI LE TEXTE DE BRUCE KATZ ET LES PHOTOS :

À la mémoire de mon frère palestinien Rezeq Faraj

Par Bruce Katz

le 17 décembre 2019

J’ai commencé à enseigner en 1976 dans une polyvalente de la rive-sud de Montréal. Je me souviens de ma première rencontre avec Rezeq Faraj qui est devenu un frère pour moi. Je venais de choisir mon bureau au département où je devais enseigner l’anglais langue seconde.

Tout à coup, un jeune homme, au début de la trentaine, me tend la main et se présente comme étant Rezeq Faraj, professeur d’anglais au même département. Il en était, lui aussi à ses débuts dans l’enseignement. Je lui ai serré la main et nous sommes allés prendre un café au salon de personnel. «Êtes-vous de religion juive? », me demande t-il. «Oui, je suis né et j’ai été élevé à Montréal». «Je suis Palestinien», me dit-il. Ainsi commença une amitié qui a duré jusqu’au décès de Rezeq en octobre 2009 mais dont la mémoire ne sera jamais effacée.

Tout au long de l’année scolaire, j’ai appris beaucoup de choses sur la vie de Rezeq en Palestine et sur les injustices commises par Israël à l’endroit des Palestiniens. Peu à peu, les injustices subies par cet homme que je commençais à mieux connaître me sont apparues dans toute leur tragique dimension humaine.

Rezeq est né à Deir Rafah en Palestine. À l’âge de trois ans seulement, Rezeq doit s’enfuir avec sa famille devant la milice sioniste qui avance vers son village. Son village sera complètement détruit comme tant d’autres villages palestiniens. Rezeq et sa famille deviennent des sans-abri. Pendant deux années entières, ils vivent terrés dans une caverne, sans le père de Rezeq qui a été tué. En 1949, l’ONU établit le camp de réfugiés Deheisha près de Bethléem. La famille de Rezeq –huit personnes- y vivra dans une seule pièce. Ils survivent en partie grâce aux rations fournies par l’ONU : farine, sucre et fromage parfois, mais peu d’autres choses.

Rezeq quittera Deheisha pour aller étudier dans une école de métiers à Kalandia près de Jérusalem. Il obtiendra plus tard des contrats comme électricien en Jordanie, au Koweit, en Iran, en Arabie saoudite et en Allemagne où il apprendra l’allemand et poursuivra, tout en travaillant, des études en génie électrique à Berlin. Polyglot, Rezeq parlait couramment l’arabe (sa langue maternelle), l’allemand, le français, l’anglais et pouvait converser en langue perse.

En 1966, Rezeq arrive au Canada à Kitchener-Waterloo, Ontario avec seulement onze dollars en poche. Il s’y trouve un emploi dans une usine où il travaille seize heures par jour. Il sera ensuite maître d’hôtel dans la salle à dîner dans le train du Canadien National qui fait la traversée du Canada. C’est là que Rezeq rencontrera une voyageuse, Claudette Fortier, avec qui il se mariera un an plus tard. Ils auront trois filles qui sont des «nièces» pour mon épouse Manon et moi. Ainsi, Rezeq adopta le Québec et le Québec adopta Rezeq.

Rezeq Faraj était proéminent dans le mouvement de libération palestinien et dans les cercles politiques palestiniens et était étroitement lié pendant un certain temps avec Yasser Arafat, mais Rezeq était un critique franc de l’Accord d’Oslo (voir la description de son opposition dans son livre, Palestine, le refus de disparaître) et cela l’a conduit à prendre ses distances avec le Fatah, bien que Rezeq ait par la suite renoué des liens avec Arafat avant la mort du dirigeant palestinien. Rezeq était un ami d’Edward Said qu’il rendrait visite lors de ses visites à New York. Il était également un ami proche du regretté syndicaliste bien connu Michel Chartrand – une personnalité historique du Québec – et c’est Rezeq qui a amené Michel Chartrand en Palestine occupée pour rencontrer Arafat et témoigner direct la réalité quotidienne brutale des Palestiniens sous occupation israélienne. Par la suite, Michel Chartrand est devenu un porte-parole important au Québec pour les droits des Palestiniens et le principe de l’autodétermination des Palestiniens.

Rezeq, avec Michel Chartrand et Simonne Monet-Chartrand, entre autres, a fondé l’Association Québec-Palestine. Rezeq et Michel faisaient également partie des membres fondateurs du CISO (Centre international de solidarité ouvrière), une organisation toujours aussi solide aujourd’hui. Rezeq a également été président de la Fédération canado-arabe. En bref, il était l’une des personnalités politiques palestiniennes les plus influentes et les plus éloquentes de la diaspora palestinienne.

Chez mon frère Rezeq, ce qui m’a toujours étonné, c’est que, malgré ses souffrances, celles de sa famille et du peuple palestinien, il n’a jamais cessé d’envisager la paix entre Palestiniens et Israéliens. La magnanimité a été la marque de cet homme dont l’intelligence n’a jamais affaiblit devant aucun défi, dont les principes ne se sont jamais sacrifiés à l’autel de la complaisance. Rezeq fut le porte-parole du courage et de la dignité du son peuple, le peuple palestinien. Mon frère palestinien.

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VOICI LES PHOTOS :

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Rezeq Faraj avec Yasser Arafat

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Lors de son mariage avec Claudette.

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Rezeq Faraj jeune

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Rezeq Faraj avec Yasser Arafat

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Rezeq Faraj avec Bruce Katz alors que Bruce était candidat pour le NPD

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Rezeq Faraj était avec Michel Chartrand l’un des fondateur du CISO

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Sérénité littéraire

Laissons la parole à Francis

Sérénité littéraire

21 décembre 2019

Il y a un peu plus de 15 jours, je me suis rendu au centre-ville pour acquérir auprès de ma librairie indépendante le livre Paul à la maison de Michel Rabagliati. Cet ouvrage du dessinateur célèbre évoque les nombreux deuils qu’un cinquantenaire affronte. Les thèmes abordés, bien que traités différemment, offrent une convergence avec plusieurs de ceux que j’ai développés dans mon billet du permier août 2019 J’apprends encore à vieillir.

Même le rôle symbolique de l’arbre, qui dans mon texte représente les personnes connues qui disparaissent, comme les idoles de notre jeunesse, est illustré par un pommier arrivé à la fin de son cycle de vie. Ces points communs montrent à quel point les idées sont dans l’air du temps. C’est d’ailleurs ce qui m’a incité à me procurer le livre, dont je n’ai pas tardé à parcourir les pages dans une sorte d »empressement tranquille.

Il était très tôt. Debout depuis six heures du matin, j’étais passé chez Zone libre vers 9 h 30. Je me suis dirigé à pas équanimes vers la Grande Bibliothèque, dont les portes ouvrent à 10 h. En ce matin frais, je me suis additionné à la petite foule qui faisait le pied de grue devant l’édifice. Quand les portiers se sont approchés, tout ce beau monde a fait la queue alors que j’avais déjà dégusté près du tiers de ma nouvelle acquisition.

C’était une sensation de bien-être et de réconfort extraordinaire que de voir les gens attendre à la file pour entrer dans une bibliothèque. Loin des queues maussades, guindées ou prétentieuses que l’on voit parfois devant les bars ou les restaurants à la mode, il y avait là une diversité à la fois joyeuse, bon enfant et sereine, gens de tous les âges et de toutes les conditions : timides adolescents boutonneux, dames au manteau classique, vieillards dépenaillés, étudiantes désargentées, jeunes hommes à la sacoche luxueuse, femmes à la parka défraîchie, intellectuels débraillés…

On s’introduit dans le temple accueillant avec cet entrain débonnaire des jours de rentrée quand on retrouve ses camarades dispersés pour les vacances, la bousculade et les quolibets en moins. Et les rayons fourmillent d’esprits curieux et les tables se remplissent de joyeux explorateurs du monde de la culture qui manipulent fébrilement ces étranges objets faits de pages qu’on doit tourner.

Après avoir trouvé et emprunté mes doses d’injection littéraire, je me suis retrouvé dans le métro à flotter sur le nuage épanoui de la sérénité, rasséréné que j’étais par l’expérience partagée de l’attraction livresque.

Francis Lagacé

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